Biographie

Yann Arthus-Bertrand
Photo. by Antoine Verdet

Né en 1946, Yann Arthus-Bertrand s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. A l’âge de 20 ans, il s’installe dans le centre de la France et dirige une réserve naturelle.

À trente ans, il part au Kenya accompagné de son épouse Anne avec qui il réalise une étude sur le comportement d’une famille de lions dans la réserve du Massaï Mara, qui durera 3 ans. Très vite, il utilise l’appareil photo pour consigner ses observations en complément de l’écriture. Pour gagner sa vie, il est en même temps pilote de montgolfière. Il découvre le monde vu du ciel et s’adonne à la photographie aérienne parce qu’elle révèle une autre réalité d’un territoire et de ses ressources. C’est véritablement à ce moment qu’il trouve sa vocation : témoigner par l’image de la beauté de la Terre mais aussi de l’impact de l’homme sur la planète. Cette aventure donnera naissance en 1981 à son premier livre Lions, des lions que Yann Arthus-Bertrand aime à présenter comme ses « premiers professeurs de photographie ».

Yann devient photographe de grand reportage et collabore à des journaux comme National Geographic, Géo, Life, Paris Match, Figaro Magazine etc. Progressivement, il se lance dans des travaux plus personnels, notamment sur la relation homme/animal desquels sortiront les livres Bestiaux et Chevaux. En 1991, il fonde Altitude, la première agence de photographie aérienne dans le monde. A l’occasion de la première conférence de Rio en 1992, Yann Arthus-Bertrand décide de se lancer dans un grand projet photographique pour l’an 2000 sur l’état du monde et de ses habitants : c’est La Terre Vue Du Ciel. Ce livre a rencontré un succès international avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus et l’exposition photographique en plein air, présentée dans une centaine de pays, a été vue par quelque 200 millions de personnes.

Prolongeant son engagement pour la cause environnementale, le photographe crée la fondation GoodPlanet. Depuis 2005, cette organisation non gouvernementale s'investit dans l’éducation à l’environnement ainsi que la lutte contre le changement climatique et ses conséquences. Au sein de la fondation, Yann développe le projet 6 milliards d’Autres, devenu le 31 octobre 7 milliards d’Autres. Son principe est simple : aller à la rencontre des 7 milliards d’habitants de la planète et recueillir leurs témoignages. À ce jour plus de 6000 témoignages ont été filmés dans 84 pays. Du pêcheur brésilien à la boutiquière chinoise, de l’artiste allemande à l’agriculteur afghan, tous ont répondu au même questionnaire sur leurs peurs, leurs rêves, leurs épreuves, leurs espoirs : une quarantaine de questions essentielles permettent ainsi de découvrir ce qui nous sépare et ce qui nous lie.

Aujourd’hui Yann Arthus-Bertrand est davantage considéré comme un militant écologiste que comme un photographe à succès. C’est cet engagement qui lui vaut le 22 avril 2009 d’être nommé « Ambassadeur de bonne volonté » du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Parallèlement, il est l'auteur de Vu du Ciel, une série documentaire télévisée dont chaque épisode explore une problématique écologique particulière. L’émission s’exporte actuellement dans 49 pays du monde. Fort de cette expérience télévisuelle, Yann Arthus-Bertrand réalise un long-métrage, HOME, sur l'état de notre planète. Ce film, sorti le 5 juin 2009 simultanément à la télévision, sur Internet, en DVD et au cinéma dans le monde entier, et le plus souvent gratuitement, a été vu par près de 600 millions de spectateurs dans plus de 100 pays.

En 2011, Yann Arthus-Bertrand a réalisé deux films courts pour les Nations-Unies, le premier pour l’année internationale des forêts et le second sur la désertification, tous deux projetés lors des assemblées générales.

En 2012, il crée Hope Production, société à but non lucratif. C’est au sein de cette société de production qu’il a réalisé avec Thierry Piantanida et Baptiste Rouget-Luchaire le film « La soif du monde », projeté en avant-première au 6ème forum mondial de l’eau et diffusé en prime time sur France 2 le 20 mars 2012.

Toujours au sein de Hope Production, Yann a réalisé avec Michael Pitiot le film « Planète Océan » qui a été présenté en avant-première en juin 2012 à Rio+20, lors du sommet mondial de l’Environnement des Nations Unies. Dans le même temps, la Fondation GoodPlanet a initié le « Programme Océan » destiné à sensibiliser le grand public à la préservation des écosystèmes marins. Au cœur de ce programme, la publication aux Editions de la Martinière de l’ouvrage « L’Homme et la mer », disponible en librairie le 18 octobre.

En 2012, Yann a commencé les tournages pour son prochain long métrage qui s'intitulera « Human ». A la croisée de « Home » et du projet « 7 Milliards d'Autres », « Human » est composé d’entretiens réalisés auprès de personnes de toutes conditions dans plus de 45 pays, et d’images aériennes glanées dans le monde entier. Les tournages se déroulent depuis juin 2012 dans des paysages très diversifiés. Notamment, à partir de janvier 2014, en Thaïlande, en Antarctique, à Dubaï, au Brésil, au Pakistan, à Cuba ou encore au Japon. Le film sera disponible courant 2015 et lancé aux Nations Unies en avant première, en présence du Secrétaire Général Ban Ki-moon.

En Juillet 2013, Yann Arthus-Bertrand a ouvert son atelier photographique à Paris (15 rue de Seine - 75006). Ce lieu convivial, ouvert à tous, a pour objectif de permettre à chacun de découvrir sa façon de travailler, de mieux connaître ce qui se passe derrière chacune de ses photos et de rencontrer son équipe (www.atelieryannarthusbertrand.com).

En 2015, son film HUMAN est projeté en avant première simultanément à la Mostra de Venise et à l’Assemblée Générale des Nations-Unies en présence de Ban Ki-Moon. A travers ses multiples témoignages remplis d’amour, de bonheur, mais aussi de haine et de violence, HUMAN nous confronte à l’Autre et nous renvoie à notre propre vie. Ce long métrage témoigne plus que jamais de la volonté de Yann d’éveiller une conscience collective et responsable dans l’optique de sensibilisation du plus grand nombre.

Cette même année, et à l’occasion de la Cop21, Yann présente un autre film, TERRA, qui relate la formidable épopée du vivant.

Yann Arthus-Bertrand s’est désormais lancé dans un nouveau défi, la réalisation de WOMAN.

Le travail de Yann Arthus-Bertrand témoigne de sa volonté d’éveiller une conscience collective et responsable. Dans cette optique de sensibilisation du plus grand nombre.

Tous les films produits par la structure HOPE sont à disposition gratuite des ONGs, des associations et des écoles dans le cadre de programmes d’éducation à l’environnement.

Chronologie

Phrases cléfs de Yann

  • Adolescence

    Ladolescence m'a laissé peu de souvenirs. J'avais envie de travailler et me suis tourné vers le cinéma. Pendant trois ans, entre 17 et 20 ans, je suis devenu assistant réalisateur, puis jai fait plusieurs films comme acteur, dont l'un avec Michelle Morgan. Je crois que la partie la plus intéressante de ma vie a débuté quand javais 20 ans et que jai commençé à moccuper d'une réserve naturelle en France. Cest à ce moment-là que jai découvert que je voulais travailler dans l'environnement.

  • Beauté

    « Longtemps, j'ai eu peur d'utiliser ce mot. Pourtant, je trouve que c'est un mot juste, et je l'assume. La beauté a quelque chose d'universel : devant un grand paysage... on partage tous le même émerveillement. Quand la nature est belle, elle nous touche tous. En photographiant « au plus beau possible », je cherche à susciter une émotion qui donnera envie d'en savoir plus, de lire la légende, de comprendre les enjeux de la photo. »

  • Cadrage

    « Lorsque l'on cadre, on regarde de façon plus tendue, plus professionnelle, on est dans la concentration, la distanciation. On a l'oeil vif. L'émotion vient plus tard. Avec le temps, l'appareil devient un prolongement de soi. Je n'arrive quasiment plus à regarder le monde hors du cadre de l'appareil photo. J'ai l'obsession de La Grande Image. À tel point que je préfèrerais presque ne pas voir certaines choses, que de les voir sans un appareil photo. Bien entendu, les photos dont je me souviens le mieux sont celles que j'ai ratées. »

  • Engagement

    « Je crois que mon propre engagement s'est d'abord construit en essayant de ressembler à ceux que j'admirais. J'ai d'abord été touché par la vie animale, puis mon intérêt s'est élargi à la nature, puis à l'homme. Mon engagement pour le développement durable s'est construit sur le terrain au fur et à mesure, par le travail quotidien sur la Terre, les rencontres, les lectures. J'ai pris conscience de l'utilité de mes photos, mais aussi de la manière dont mes convictions leur apportaient une valeur supplémentaire. Et puis, plus on est conscient des enjeux, plus on s'intéresse à notre Terre, et plus on a envie de s'engager pour faire évoluer les choses. »

  • Ethique

    « La générosité, l'honnêté intellectuelle et la franchise sont les valeurs que je mets au-dessus de tout. Je suis très attaché à l'éthique des personnes avec lesquelles je travaille et il est essentiel à mes yeux qu'elles soient sensibles aux idées que je défends. »

  • Expositions

    « On croit souvent que le meilleur moment pour moi, c'est lorsque que nous sommes en vol, en train de prendre les photos d'un paysage incroyable. Mais en fait, on est toujours un peu stressé, on se met de la pression tout seul, une responsabilité qui empêche de profiter de l'instant… C'est en fait pendant les expositions que je vois l'aboutissement de mon travail : je suis heureux et touché de voir les gens qui regardent mes photos, en parlent, se rapprochent à cette occasion, ont l'air heureux d'être là... Rien n'est plus émouvant pour moi que de voir les enfants d'une école avec un guide devant mes photos. J'ai le sentiment indéfinissable d'avoir été la « passerelle » entre ces paysages et le public. Et en même temps, une voix intérieure me dit : « ce n'est pas toi qui a fait cela, ce n'est pas possible… » . J'ai eu la chance d'être au bon endroit au bon moment : les gens étaient prêts à voir mon travail, peut-être en attente de ces images de la Terre. »

  • Notoriété

    « Avec la notoriété, on s'expose bien plus évidemment, et on est jugé très vite : vos motivations, actions, prises de position éventuelles sont passées au crible. On ne vous ménage pas vraiment, on ne vous laisse plus très souvent le bénéfice du doute… En revanche, la notoriété ouvre des portes, on obtient plus facilement des autorisations de survol, des soutiens financiers. Mais, quand les plateaux de télévision prennent trop de temps, cela peut véritablement empêcher de travailler. Je suis tombé dans ce piège à la sortie du premier livre de La Terre vue du ciel. Désormais, j'essaie de me servir de ma notoriété à bon escient. Il est plus simple de faire des choses pour les autres : vous êtes sollicité, on vous donne l'occasion de vous engager au service de causes importantes. En créant l'association 3P, par exemple, je me sers de mon nom pour lancer un projet qui me tient à coeur, mais j'espère bien le voir rapidement évoluer sans moi. »

  • Obsession

    « Etre obsédé est très caractéristique des artistes, des photographes. J'ai un petit carnet dans lequel je prends des notes quand je me réveille la nuit. On est d'abord tout seul à croire à ce que l'on fait. Il y a un côté « auto-motivation » chez l'obsessionnel. C'est indispensable pour mener à bien des projets, mais souvent pesant pour ceux qui vous entourent. Si l'on n'y veille pas, le travail prend toute la place. J'ai la chance d'avoir une femme qui m'a toujours resitué dans la réalité de ma vie d'homme. Réussir cette vie-là est plus important que tout. »

  • Pays

    « Pour "La Terre vue du ciel", je ne cherche pas à photographier tel ou tel pays. Je veux simplement montrer la Terre telle qu'elle est aujourd'hui, le plus fidèlement possible. Les villes, les guerres, les décharges : tout cela fait partie de la Terre et nous concerne tous. Je ne montre pas du doigt, je n'accuse pas. Des décharges, comme celle de Mexico (et cette photo a entraîné beaucoup de démêlés avec les Mexicains), existent ailleurs dans le monde. Ce qui m'anime, c'est l'intérêt qu'une photo peut avoir dans le cadre de la défense de l'environnement. La grande nouveauté de notre époque, c'est que l'homme possède assez de pouvoir pour transformer son environnement. Je témoigne d'un état de fait, et je souhaite faire réfléchir. Mais, je le répète, je ne parle jamais pour un pays en particulier mais pour la Terre. »

  • Responsabilité

    « Ma connaissance de la Terre m'a rendu plus intransigeant. Chacun a sa part de responsabilité. J'essaie d'assumer la mienne au quotidien. Le livre La Terre vue du ciel s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires, si l'on ajoute les expositions, les photos publiées (toujours accompagnées de légendes), je m'aperçois que mon travail a forcément un impact. Je dois réfléchir à cette responsabilité qui m'incombe, comme à tout journaliste. Chez les boudhistes, si la vie de quelqu'un ne ressemble pas à sa parole, sa parole ne vaut rien. Je pense que chacun doit s'efforcer de faire de sa vie un exemple. C'est un objectif sans doute parfaitement illusoire que de viser la perfection… mais le seul fait d’en faire l'effort chaque jour lui donne une certaine valeur. »

  • Religion

    « Je ne suis pas croyant. Je me définirais plutôt comme un grand rêveur qui essaie de réaliser ses rêves en gardant solidement les pieds sur terre. Curieusement, les photos de La Terre vue du ciel m'ont valu beaucoup de lettres de gens qui me parlaient de religion, trouvaient dans la beauté de ces paysages la preuve de l'existence de Dieu. De nombreuses sectes aussi m'ont contacté… Mes photos semblent avoir une dimension spirituelle forte pour de nombreuses personnes. »

  • Publicité

    « Je suis devenu méfiant vis-à-vis de la publicité. J'ai cru au début que cela allait m'aider à travailler. Je me suis rendu compte combien, au contraire, cela pouvait être castrateur pour la créativité, tuer ce qui fait l'originalité d'un photographe. Aujourd'hui, les publicitaires viennent à moi parce que les idées que je défends font vendre, mais je ne laisserais pas accoler mon nom à des produits douteux. Je n'accepte que ce qui me permet d'exposer mes convictions, comme Objectif Terre, le programme court réalisé avec EDF pour la télévision. Nous écrivons nous-même les textes, et aucune concession majeure n'a été faite. Bien sûr, le film qui concerne Tchernobyl a donné lieu à des discussions, mais nous avons eu gain de cause. Tous les soirs, grâce à ces petits films, les gens entendent parler des enjeux du développement durable. C'est le type de publicité qui me satisfait pleinement : j'ai l'impression que ce n'est pas Objectif Terre qui fait de la publicité pour EDF, mais EDF qui fait de la publicité pour le développement durable. Et si cette société se fabrique une image grâce à cela, c'est tant mieux. »

  • Pédagogie

    « On ne peut pas survoler la Terre pendant 10 ans, lire de nombreux livres sur le développement durable et rester le même. On sort transformé d'un tel périple et on s'interroge vraiment sur notre avenir commun en tant qu'habitants de cette planète. La volonté pédagogique qui sous-tend mon travail est de sensibiliser les gens aux problèmes environementaux actuels. J'aime la Terre, passionnément. C'est le grand cadeau de ce métier. Il m'a appris à mieux apprécier mon environnement et les hommes qui l'habitent. Mais également à me poser des questions. Les légendes que j'ai souhaité apporter aux photos ont d'abord satisfait ma propre curiosité. J'avais envie de comprendre ce que j'avais photographié. Puis de partager ce que j'avais vu et compris avec les gens. Communiquer ses passions et ses idées, convaincre l'autre, est, je crois, dans la nature profonde de l'homme. »

  • Peur

    « J'ai toujours la même angoisse face à la réussite d'une photo. Je me sens aussi désarmé, inquiet qu'au début. L'expérience ne sert pas beaucoup. J'essaie toujours de faire mieux. Et plus on est connu, plus on se sent en danger. Il y a ce sentiment d'avoir atteint une place que l'on ne mérite peut-être pas, un vague sentiment d'imposture. »

  • Modèles

    « À mon âge, je n'ai plus de modèle unique : peut-être que je me rends compte que trouver la personne parfaite et s'en inspirer complètement relève de l'utopie… J'ai une grande admiration pour les gens qui ont des paroles généreuses et qui les concrétisent par des actes quotidiens ; les individus, comme les grands Bouddhistes qui affichent une cohérence entre leur discours et leur façon d'être »